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Ciné-club : Little Miss Sunshine

Par VALERIE MINODIER, publié le vendredi 23 janvier 2026 10:50 - Mis à jour le vendredi 23 janvier 2026 18:10
Embarquez pour un tumultueux voyage familial les jeudis 29 janvier et 5 février à 13h30 au CDI !

 

Little Miss Sunshine

Réalisation : Jonathan Dayton et Valerie Faris - États-Unis (2006)

Scénario : Michael Arndt

Avec : Toni Collette, Greg Kinnear, Steve Carell, Paul Dano, Abigail Breslin, Alan Arkin 

Genre : Comédie dramatique, Road-movie, Feel-good movie

Thèmes : l'enfance, la famille, le voyage, le sens du collectif, le rêve américain, l'apparence, les normes du genre...

Durée : 1h42

Grand prix du festival de Deauville 2006 / Oscar du Meilleur scénario original / César du Meilleur film étranger en 2007

« Un véritable loser, ce n’est pas quelqu’un qui rate. 

C’est quelqu’un qui a tellement peur d’échouer qu’il ne tente rien. »

Lorsque l'on a tout perdu, reste la famille ?

Olive a sept ans, malgré son physique non conforme à celui d’un modèle, elle ne rêve que d'une chose : devenir une reine de beauté. La petite fille apprend qu'elle est sélectionnée pour concourir au titre de "Little Miss Sunshine", un prestigieux concours de beauté organisé en Californie. Devant sa joie débordante, sa famille se résout à faire un périple de 1200 km à travers l'Amérique pour réaliser le projet d'Olive de participer à cette compétition.

Toute la famille Hoover va s'entasser dans le vieux combi Volkswagen à la boîte de vitesse fatiguée pour un voyage tragi-comique qui va raviver les tensions entre le père conformiste qui déborde d'ambition mais ne parvient pas à réussir, l'oncle en totale dépression, le grand frère en crise existentielle et mutique (il a fait vœu de silence jusqu’à ce qu'il devienne pilote de ligne), le grand-père marginalisé qui se drogue et la mère, optimiste et modérée mais surmenée, qui va essayer tant bien que mal de faire cohabiter tout ce petit monde...

Pendant trois jours, cette famille hors du commun se retrouve au bord de la crise de nerfs, les espoirs des uns se confrontant aux désillusions des autres, le père d'un positivisme délirant (mais, illusoire !) s'opposant aux valeurs de l'oncle sensible (mais fragile !).

Pourtant, pendant ce voyage de folie, chacun des membres de l’expédition va vivre un moment révélateur autant que désagréable qui lui servira de thérapie et ces épreuves vont finalement les rapprocher avec, au centre, Olive, liant par son amour les membres de sa famille et les rassemblant.  

De cette grande aventure humaine farfelue, chacun ressortira changé avec de nouvelles convictions et croyances.

La famille Hoover devient ainsi admirable parce qu’elle essaie et... tant pis pour les médailles d’or !

Reconstruire le lien affectif au sein d’une famille écrasée sous le poids des circonstances socio-économiques

Ce périple d’une famille plutôt dysfonctionnelle mais, malgré tout, soudée, pour permettre à la petite Olive de réaliser son rêve est un film d'une immense sensibilité, un véritable bijou cinématographique d'une grande originalité apportant, sous la forme d'un voyage sous tension à travers l'Amérique, tendresse, bonne humeur et émotion.

En apparence, le film ressemble pourtant à un drame. Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, le duo de réalisateurs a choisi de tourner en dérision le caractère dramatique de cette histoire. Ils traitent le sujet de la réussite avec sarcasme et humour pour mieux nous interroger sur la notion même d’échec. L'idée étant de prendre du recul avec la règle qui tend à considérer que le meilleur est seulement celui qui décroche la première place et ainsi, de dépasser le jugement de tout regard normatif. 

Ce film est une invitation à profiter de la vie, à jouer avec les normes ou à s’en moquer et à se soutenir les uns les autres. 

L'oncle Frank qui est un des rares spécialistes américains du grand écrivain français Marcel Proust explique que Proust est «un loser toutes catégories » qui avait conclu à la fin de sa vie que :

«  […] toutes ces longues années de souffrance avaient été les plus belles années de sa vie, qu’elles avaient fait de lui ce qu’il était et que toutes les années de bonheur avaient été une perte de temps, il n’avait rien appris. »

Little Miss Sunshine se singularise comme une comédie grinçante qui démonte le mythe, les conventions et les codes de la sacro-sainte famille idéale et du rêve américain. Elle délivre évidemment aussi un message fort contre la superficialité. Olive est une petite fille innocente et son naturel merveilleux contraste avec les artifices grotesques et vulgaires des concours de beauté pour enfants. Ici, l’exhibition de ces mini femmes-objets apparaît comme une performance sexualisée qui emprisonne et réduit dès l'enfance les petite filles à une féminité kitsch de poupée Barbie. Par l'intermédiaire de son grand-père, Olive finira par faire voler en éclats le petit monde hypocrite du culte de l'apparence et des shows hideux qui y sont liés.  

Bande annonce > Cliquer sur l'image :

Pourquoi visionner et étudier Little Miss Sunshine ?

- Analyser une galerie de portraits :

> dépasser les représentations stéréotypées et caricaturales des personnages.
> savoir repérer la complexité de personnages et étudier les relations entre eux.

- Prendre conscience de la portée symbolique du voyage.


- Connaître le genre du « Road movie ».


- Se pencher sur un phénomène culturel : les concours de beauté des enfants et susciter le débat sur la légitimité de cette pratique.

- Critiquer le culte de la réussite du modèle américain et réfléchir sur les failles d'une éducation trop stricte.

 

Pour en savoir plus ... 

> sur le genre "Road-movie" :

https://www.cineclubdecaen.com/analyse/roadmovies.htm

> sur le film :

https://transmettrelecinema.com/film/little-miss-sunshine/

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